Dernières voies réalisées
8b+ - ?... Rockstad - Cardwel 2 ...
7b+ - Parfume matinal / Ongi Et ...
8b - ?... Rockstad - Cardwel 1 ...
7c - Le Merlin / La Calavera
8a - Dulce duro / La cueva
7c+ - ??? à gauche de cacinero
8a+ - Cacinero
7b - Esclavo de la apariencia
8a - Vas de Pro
8b - Iron Maiden
Des longues ou courtes, dures ou rectilignes...
ajouté le 19/04/2010

... telle est la diversité des voies que j'ai réalisé lors de mon p'tit retour aux sources.

Après avoir parcouru ces quatre dernières années des sites hors normes, tant par leurs ampleurs époustouflantes que par la qualité de leurs surfaces ou leurs structures géologiques aberrantes, l'envie m'a prise de revenir à la source de tous mes apprentissages, les gorges du Tarn et sa région.

Aux sources de ma passion, le Tarn

Pour moi, le Tarn est à l'image de ses voies abusives, excessif d'esthétisme, de qualité et d'élégance. Bien qu'avertie d'une créativité sans bornes de dame nature, je suis à nouveau émue et séduite par la classe des secteurs Tennessee, Dé-qué-fas-aqui ou Moule-frite. Je m'y suis sentie comme l'ayant quitté la veille. Côté projet, j'avais trois objectifs. Deux ont abouti et j'ai mieux bougé dans le troisième mais il me donnera une occasion de revenir. Encore une fois, j'ai retenu la suggestion motivée d'un bon copain, celui-là même dont la qualité de grimpe su retenir mon attention et m'incita à aller tâter les exigences du 8c. Après deux bonnes centaines de voies dans les gorges, je savais qu'un rendez-vous restait à envisager.

Ainsi Tennessee ne m'aura résisté que sur un run de travail. A postériori, la nature même de ses deux crux ne m'aurait pas permis de la solutionner à vue. Après une phase de rési qui demande de l'économie, la coordination gestuelle du premier crux se conditionne, dans ma taille, par un placement de main gauche très spécifique pour dynamiser la main droite sur une préhension lointaine qui ne se voit pas, ni ne se situe par l'apparence du relief. Même avertie de la coordination globale, le terme de l'enchaînement se mérite vraiment. De plus, au 2/3, un deuxième crux à l'apparence bien morpho ne m'apparait pas simpliste à intuiter à vue. Au bilan d'une observation plus nuancée, la séquence se state élégamment par une combinaison gestuelle assez technique.

J'enchaîne donc en un essai plutôt plaisant, cette rondeur déversante à la croisée de deux murs exceptionnels. Ce cheminement sur une ligne de faiblesse à trous et cupules permet une envolée spectaculaire analogue à celle de Tête de gondole au Boffi ... et ce copain-là a un feeling décidément bien averti, au point de me faire classer cette ligne dans mon Best-Off des cinq étoiles.

Mon deuxième projet était plus hypothétique. Une première approche en 2007, limitée aux deux premiers points d'une L2, m'assurait que L'œil du Boudha n'était pas de l'ordre du standard. De plus, une certaine conti est nécessaire aux 70m de la ligne, même si la L1, estimée à 7b+, n'est pas supposée entamer le capital nécessaire à la suite.

L'engagement de la L2 est une très sérieuse discontinuité technique. Les quatre premières sections dans ce mur dalleux se ressentent particulièrement exigeantes, au terme desquelles le crux de conclusion achève toutes espérances d'une solution triviale. Dans ma taille, un mouv radical pourtant suffisamment intuitif m'a convaincue des effets de la pesanteur. Il m'aura bien fallu une dizaine de tentative par une méthode ou une autre toute aussi pertinente pour me convaincre de n'en retenir qu'une pouvant esquisser une suite, et peut-être cinq autres encore pour ressentir un calage, disons millimétrique. Il m'a fallu coordonner un gainage global un peu en drapeau vertical, assise sur un talon, et le bras droit de retenue verrouillé sur la cuisse, le bassin collé au plus près et le corps légèrement vissé sur la droite. Ainsi j'optimise l'avancée de l'épaule gauche, pour finalement stater la saisie d'une verticale légèrement fuyante en main gauche. Il reste alors à exploiter ce contrôle, par une compression du buste qu'il faut basculer très lentement à droite pour valoriser et retenir cet inconfortable bouzou. Relever l'écrasement facial au plus près du caillou sur cette arquée adhérente trois doigts, et une seule carre interne en pied droit, m'assure que ce " Pas " oppose une exigence technique probablement rarement solutionnée... mais vas savoir, je peux me tromper sur la méthode.

Par défaut d'information, je ne suis pas certaine qu'une grande allonge soit un avantage décisif sur la séquence de mouvements. La suite de cette L2 est conforme à ce que l'on en espère vu du bas, dans la pure tradition des envolées abusives et conti du Tarn. On y trouve un passage assez technique au 2/3 et un passage bien physique à l'amorce du mur final. Au bilan, je suis presque émue d'avoir solutionnés ces 70m de provocation par une telle variété de sensations nécessaires. Je le suis d'autant plus qu'il n'y a pas si longtemps, je suis restée plantée dans un beau 8c par le fait d'une autre arquée, pourtant plus horizontale et bien moins technique, mais autrement plus douloureuse.

J'ajoute une troisième réalisation, non prévue, sur le secteur de Tennessee. Moi qui suis convaincue de ne légitimer des lignes que par la logique de leur tracé naturel, et donc septique de l'opportunité d'une ouverture entre Le grand pèlerinage et Pyromania , je cède à la curiosité de parcourir Bullfrog avenue, un 8a, finalement très intéressant, et délicatement spartiate, notamment dans ses deux sections finales... et je suis donc séduite par cette voie de qualité.

Aux sources de difficultés symboliques, la Dourbie

Au delà de quelques contacts ou retrouvailles toujours très sympathiques, je quitte ainsi l'affluence du Tarn et je retrouve avec plaisir un havre de tranquillité pour mon deuxième retour aux sources, à l'origine lui aussi de mes premières réalisations qui se distinguent . La verrière est de ceux-là. Pour l'anecdote, la ligne de Bébéretchos, mon troisième 8c, m'avait imposé de la parcourir avec une dégaine, sa plaquette et son écrou, entre les dents pour les remettre en place en cours d'évolution, car le vent les avait dévissées et mis au sol. Ambiance crux particulièrement propice à un excès de concentration et de sérénité fragile.

J'ai pour espoir de réaliser Sonatine. Quelques jours de pluie ont précédé notre arrivée et j'accepte d'évaluer la faisabilité malgré de très nombreuses zones de résurgences bien étendues. Sur quatre jours de présence, il me faudra attendre environ 17h pour tenter de conclure les différentes voies envisagées au bénéfice d'un soleil et d'un vent de vallée suffisant à assécher le secteur. Chaque nuit les suintements et résurgences reprenaient le terrain perdu.

Au bout de trois run /2essai, je réalise Sonatine avec un sérieux investissement. Je la tiens pour être le 8c le plus exigent de mes réussites ( si l'on convient que la combinaison A l'impossible, nul ne s'est retenu / Pierrot Beach est pour moi 8c/c+). La longue zone de rési m'a demandé pas mal de conviction et le bombé de sortie est vraiment exigeant à caler. Les copains qui ont pris le relais les surlendemains dans cette voie me confirment la valeur de l'investissement.

Je m'offre également De l'ombre à la lumière bien cheminante et variée. Elle demeure également délicate pour ma taille sur les deux crux des bombés médian et de sortie. Un 8b+ ne me parait vraiment pas être galvaudé et la ligne est très intéressante.

La seule ligne singulière réalisée un matin dans des conditions parfaitement sèches fût Pierre de l'Une. Issue d'une connexion entre L'age de pierre et Bébéretchos, et évitant ainsi le départ bien teigneux de Une colonne à la Une, c'est probablement les deux plaquettes de liaison les plus opportunes qui aient été ajoutées, permettant une voie 8b à la fois diverse dans sa technicité et homogène dans sa difficulté. C'est un must très agréable.

Enfin, L'homme sans passé à vue, m'aura également demandé d'être particulièrement visionnaire pour le caractère un peu sur-réaliste de l'enchaînement des quelques appuis et préhensions pas toujours convaincantes.

Je tenais La Verrière pour un site qui se distingue, certes plus exigent que la moyenne, mais surtout charmant et isolé du monde ... Pourtant en moins d'une semaine, le hasard aura vu se fédérer huit grimpeurs et grimpeuses des plus motivés pour une bonne quinzaine de réalisations majeures abouties, dont cinq croix de Sonatine par moi-même, Geo, Enzo, Cédric et Gé et les réussites exceptionnelles de La guerre des nerfs /9a par et Le grand inquisiteur/8c+ par Enzo... puis par Pierrot, se rapprochant ainsi vers une croix de site.

Longues ou courtes (L'oeil du Boudha ou La verrière), dure ou rectiligne (Sonatine ou Tennessee), les causses millavois m'ont permis d'amorcer et conclure le cap symbolique de ma première centaine de réalisations au delà du 8b, imageant l'une de mes trois régions françaises de grimpe préférées.

Un petit troll devenu inclassable

Disposant d'encore une semaine de congés, l'ami Geo s'offre la totale : beberetcho 8c, Sonatine 8c, Les nerfs à vif 8c+, La guerre des nerfs 9a, auxquelles il faut ajouter deux manières qui se distinguent : la First-Ascent de Rubis-cube 8c+ ... et Marteau-mambo 8b à vue...

Respect !

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